Un livre de photographie animalière de plus

Beau livre de photographe animalier

Mon nouveau livre de photographie animalière arrive… Je vous l’avais annoncé à mon retour (cliquer ici)

Vous l’attendiez donc depuis avec impatience 🤣

Certains m’ont même demandé plusieurs fois quand il allait être disponible. Effectivement, mon dernier séjour au Kenya date de début février, le délai a été un peu long.

Faut vous dire que la moisson a été excellente : près de 8700 photos à évaluer et trier. Pas facile de faire le tri et de renoncer à certaines… Mais il faut  rester raisonnable en nombre de pages et ne surtout pas renoncer aux portraits de félins en pleine page ! Ensuite, il faut traiter les photos retenues puis faire la mise en page du livre… Tout cela sur fond d’angoisse corona virus et de travaux forestiers ou agricoles printaniers. Bref, il est là ou presque !

Au final, ce nouveau livre de photographie animalière fait  138 pages et comporte un peu plus de 240 photos. Il s’agit comme souvent d’un format 30×30 cm. Si le corona virus ne perturbe pas trop les délais de fabrication et d’acheminement,  je devrai recevoir la première copie le 18 août et après quelques vérifications techniques, ouvrir la vente.

(Si vous êtes potentiellement intéressés contactez-moi afin de réserver une copie au prix auteur)

En attendant, vous pouvez d’ores et déjà en visualiser toutes les pages en cliquant sur « Aperçu du livre » ou sur l’image dans la vignette ci-dessous.

Profitez-en vite car bientôt ce ne sera plus qu’un court extrait des pages comme pour tous mes autres livres…

Kenya 2020
Kenya 2020
Masaï-Mara
Par Alain Meunier
Photo book
 

As-tu eu beau temps ? Es-tu Proche ?

Ces deux questions reviennent sans cesse. À mon retour, la question est : as-tu eu beau temps ? Lors des présentations de mes photos :  es-tu proche lorsque tu fais ces photos ? Je vous propose donc d’y répondre ici, en attendant que le tri des photos de mon dernier voyage au Kenya soit fait…

Beau temps ?

Dans mon dernier article, j’ai expliqué que je n’avais jamais vu le Mara aussi  » humide  » !

Pour davantage d’information sur le Dipôle de l’Océan Indien : cliquer ici

Pour compléter ma réponse et essayer de vous faire partager ce que nous avons vécu, voici un petit montage réalisé grâce aux films faits par Gauthier qui séjournait au même camp que moi. Ces images ont été faites la deuxième semaine, où nous avons eu beau temps. Dites-vous que c’était bien pire la première semaine. Aucune traversée de rivière n’était possible, il y avait trop d’eau. De plus, les films auraient été impossibles à regarder car nous étions très très secoués parfois…

Merci à notre guide David, qui nous a conduit avec douceur malgré le terrain impossible (mon dos a résisté !). Merci à lui aussi, et à ses yeux en particulier, sans qui beaucoup de mes photos n’auraient pas été possibles (l’image devinette à la fin de ce film est déjà grossie 10 fois – imaginez à l’oeil nu…)

Le Masaï Mara inondé

Proche ?

Et pour répondre à l’autre question, je dis que le plus souvent c’est entre 10 et 30 mètres, parfois moins. Là encore, pour vous donner une idée, je vous propose un montage réalisé à partir d’images faites depuis d’autres voitures par des photographes présents au camp (Alexandre, Nicolas, Michel : merci !).

Vous constaterez que les animaux, si on peut facilement imaginer qu’ils sont gênés par les voitures,  ne sont pas effrayés par elles. Ils viennent souvent très près de nous. Bon il est vrai que l’on se place souvent sur leur chemin… Ils se servent même parfois des voitures pour se cacher et se rapprocher d’un herbivore convoité. Comme je le dis souvent, nous ne pourrions jamais faire de telles photos si nous étions à pied. Tous les animaux se méfie de l’homme, c’est leur plus grand prédateur, et ils s’enfuient dès qu’il le reconnaisse.

Regardez-bien sur les dernières photos, l’éléphant qui est juste de l’autre côté de la portière, et qui me regarde… Ou ce lion mâle, si proche que sa tête ne tient même plus dans le cadre de la photo. Je vous réserve d’ailleurs pour le livre, quelques photos d’yeux de félins prises de très près…

Patience…

Si proche parfois trop…

De retour du Masaï Mara…

Et voilà, je suis revenu hier de ma moisson annuelle de photos animalières. cette année 14 jours au Masaï Mara (Kenya).

La troisième fois au Mara, mais la première en Février. Un décor très différent, en particulier cette année du fait du dérèglement climatique.

Février, un mois chaud et sec

C’est ce qui est écrit dans tous les guides de voyage. Mais cela c’était avant le « dipôle de l’océan Indien ». Vous ne connaissez pas le mécanisme du dipôle ? C’est l’un des principaux paramètres météorologiques en Afrique de l’Est, l’équivalent d’El Niño de l’océan Pacifique.

Il s’agit d’une oscillation irrégulière des températures de surface de la mer, dans la partie occidentale de l’océan Indien. Lorsque le dipôle est positif, la température de l’eau est plus élevée que la normale sur les côtes de l’Afrique de l’Est. Les pluies sont fortes en Afrique et faible en Australie voire même conduire à des sécheresses. À l’inverse, un dipôle négatif provoque des sécheresses sur le continent Africain, comme en 2016-2017, et des pluies plus fortes en Australie.

Cette année le dipôle est positif. Pluies torrentielles en Afrique de l’Est, sécheresses records en Afrique Australe. Près de deux années de pluie sont tombées le 27 novembre à Djibouti !  Des régions ont été recouvertes d’eau en Somalie. Les inondations et des coulées de boue n’en finissent plus au Kenya. Plus à l’intérieur des terres, l’Ouganda, l’est de la République démocratique du Congo mais aussi le Soudan du Sud, sont aussi touchés. Plus au Sud, Zimbabwe, Zambie, Afrique du Sud, c’est la sécheresse.

Pour davantage d’information sur le Dipôle de l’Océan Indien : cliquer ici

Desert locus crisis

Comme si cela ne suffisait pas, et pour la même raison, les criquets pèlerins ont envahi l’Éthiopie, la Somalie et le Kenya. Le Kenya est le plus touché. Il y a juste quelques jours, des essaims ont traversé la frontière vers la Tanzanie, un autre essaim a traversé vers l’Ouganda. Un seul de ces essaims est vaste comme le Luxembourg. Poussés par les vents, ces nuages de criquets peuvent aisément parcourir 150 km en une seule journée. Chacun d’entre eux ingurgite quotidiennement l’équivalent de son poids. Un essaim de 200 milliards de criquets est ainsi capable de dévorer chaque jour 400 000 tonnes de nourriture (cf. Appel FAO).

Criquets pèlerins FAO:Yasuyoshi Chiba
FAO:Yasuyoshi Chiba

Un Masai-Mara bien différent de d’habitude

Pas de criquets pèlerins, mais de l’eau en quantité ! Le triangle du Mara est une vaste plaine, typique de la savane Africaine, plantée de quelques arbres épars. Mais qui se transforme très vite en pseudo marécage, quand l’eau stagne et s’accumule.

Les pistes sont inondées et difficilement praticables.  Notre rayon d’action et de recherche des animaux est fortement réduit.  Les deux rivières, Mara et Tallek qui dessinent ce triangle, sont transformées en torrents bruyants et infranchissables, qui parviennent même à couvrir les bruits des hippopotames durant la nuit !

Le Masai-Mara est connu pour être difficilement accessible par la route. Il faut compter 8 heures depuis Nairobi. Cette année les routes sont encore plus difficiles que d’habitude. Les sorties de route et les accidents sont nombreux. Et ensuite les pistes caillouteuses et inondées qui vous balancent dans tous les sens pendant des heures. Cela ne handicape pas cependant la bonne humeur des Africains, leur pratique collective du deux-roues et leur sens de la créativité.  

Du travail pour plusieurs semaines…

Certes la première semaine a été très marquée par la météo. Des déplacements difficiles, au moins un véhicule embourbé par jour, et de la pluie en soirée. Mais la deuxième a été plus « normale ». Les pistes sèchent relativement vite, même si le hors-piste est resté jusqu’au bout plus proche du surf que de la conduite. Et surtout le soleil redonne de l’énergie, du plaisir et de la vie. Et puis, beaucoup d’herbe verte et haute, dans lesquels se plaisent à se réfugier les félins, et qui piègent constamment la mise au point, sources de belles images mais challenge permanent pour le photographe.

Au final, près de 8700 photos à trier et évaluer. Beaucoup de lions bien sûr, comme d’habitude au Kenya, mais aussi quelques léopards, des éléphants, des hyènes, des guépards, des oiseaux… Il va vous falloir patienter encore un peu pour voir le livre « Kenya 2020 ». Mais je peux déjà vous annoncer quelques beaux portraits de lions et une chasse d’un guépard…

À suivre…

Fake news en chaîne

Ce matin, mon café est bien amer. Ô rage, Ô désespoir ! Mon coeur et ma tête s’emportent à la lecture des nouvelles : Oh non pas le Botswana !!!

« Un rapport demandé par le nouveau président du Botswana, recommande de lever l’interdiction de la chasse et l’introduction de l’abattage régulier mais limité d’éléphants ». 

Fake news au Botswana

En Mars, lorsque la Présidence de Ian Khama a pris fin, les analystes déclaraient que la nouvelle présidence ne devrait pas différer de la précédente. Fake news s’il en est !

Ian Khama, défenseur passionné de la faune sauvage, a établi l’interdiction de la chasse en 2014.

Le Botswana, du fait de cette politique de protection draconienne, était devenu un refuge pour près de 30% de la population d’éléphants d’Afrique. Et de fait, est devenu une destination de rêve pour près de 2 millions de touristes annuellement. Autant de bienfaits qui ont contribué à réduire la dépendance du pays aux diamants et qui ont fourni de nombreux emplois bien rémunérés, ne serait-ce que par la pratique des « tips ».

En Mai cependant, la première mesure du nouveau président a été le désarmement de l’unité antibraconnage pour une obscure « raison légale ».  En septembre, une ONG découvre près de 90 carcasses d’éléphants. Le gouvernement en minimise le nombre et surtout déclare que cela n’a absolument « aucun lien avec la récente décision prise ». Cette fois, la légalisation de la chasse permettrait de « promouvoir la conservation des animaux ». Fake news ?

Comme d’habitude, les justifications évoquées sont les mêmes : destructions insupportables des cultures, trop forte densité d’animaux sur le territoire, volonté de créer des revenus pour les populations pauvres locales… Un ensemble d’arguments dont aucun n’est établi de manière scientifique, et même souvent complètement démenti par les faits. 

Fake news chez les chasseurs

Pour eux, la mesure est naturellement la bienvenue. Ils ne renoncent à aucune « fake news » pour la justifier : lu sur un site d’un magazine de chasse français qui annonce cette nouvelle : « L’éléphant est dans certaines régions l’équivalent de la présence du sanglier pour nous ».

Jugez vous-même !

Une femelle éléphant, atteint sa maturité sexuelle vers 15 ans. Sur les 50 à 60 ans de sa vie, elle peut avoir au mieux une dizaine de petits. Une laie elle, atteint sa maturité sexuelle entre 8 et 12 mois et a 6 à 8 petits par an, soit environ 70 petits tout au long de sa vie. Équivalent, non ?

Par ailleurs, la population globale des éléphants d’Afrique est estimée à 420 000 soit bien moins que celle des sangliers en France qui est actuellement estimée entre 600 000 et un million.

Ce n’est sûrement pas non plus la densité d’animaux au Km2 qui est équivalente puisque le seul Botswana est presque aussi grand que la France, alors si on rajoute le Kenya, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe…

Je cherche encore l’équivalence !

Une mesure inutile et dangereuse

Si l’effet d’un « prélèvement limité et raisonné », avant l’interdiction il était de l’ordre de 500 par an, n’est pas significatif sur une population globale de 130 00 éléphants. Il n’a par conséquent pas d’effet sur la réduction des dommages supposément dû à la trop forte densité d’animaux. Quel va donc être le quota pour que cette mesure soit-elle donc souhaitable ?

Même avec un permis à 50 000$ par tête (chiffre non encore connu), 500 permis ne vont pas remplacer la perte d’image et de revenus liés à l’annonce d’une telle mesure sur les 2 millions de touristes annuels. Ce n’est donc pas non plus pour réduire la dépendance au diamant et réduire le chômage, les deux axes principaux annoncés du président Mokgweetsi Masisi. En quoi est-elle donc souhaitable ?

Rappelons que le braconnage à destination du Vietnam et de la Chine, est quant à lui un « prélèvement » incontrôlé et irraisonné estimé à 30 000 éléphants annuellement , soit un toutes les 15 minutes environ ! Le désarmement des gardes, ne va sûrement jouer en faveur d’une réduction ou d’un meilleur contrôle de ce chiffre.

Dans les choses sûres cependant, on peut dire que la chasse aux trophées réduit toujours le nombre de mâles. Ils sont plus spectaculaires par leur taille et porteur, en général, de plus grosses défenses. La chasse perturbe énormément la vie des hordes en prélevant la matriarche, souvent pour les mêmes raisons que précédemment. Ce qui laisse les hordes perdues et démunie sans leur guide, les jeunes déprimés et les turbulents adolescents sans maître d’apprentissage. L’effet sur les détériorations aux cultures est certain !

De plus, la chasse est généralement synonyme d’une remontée de la valeur des trophées et du prix de l’ivoire, et donc du braconnage. De quoi compliquer encore la mise en place d’une telle mesure. Même si jusqu’à aujourd’hui, le Botswana était connu pour sa transparence et son absence de corruption, la fixation, le respect des quotas et la délivrance des permis seront-ils demain robustes et transparents…

Nous avons eu la chance, à Chobe ou dans le delta de l’Okavango, de croiser cet animal aux moeurs et aux capacités de communications si passionnantes. Pouvons-nous, encore garder l’espoir de les revoir aussi nombreux et détendus ?

Élélphants

Zambie – South Luangwa

Singe

Pas de publication depuis l’automne…

Un agenda perturbé avec les gilets jaunes… Un tour de France pour les fêtes de fin d’année. Mais aussi et surtout une phase de recul puis une grosse activité suite à mon safari en Zambie en Novembre dernier : 8 jours dans le parc de South Luangwa. Normalement, c’était le début de la saison des pluies, nous aurions dû voir des naissances d’herbivores… Mais, autre signe du dérèglement climatique, nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie. Il a fait très chaud et très sec, certains jours 42,5° à l’ombre ! Mais pas de festival de naissances, heureusement la Luangwa coulait fidèlement et les animaux étaient présents.

Un peu plus de 4000 photos à trier dont de très nombreuses photos de nuit. Haut iso et faible vitesse, tout ce qu’il faut pour pigmenter le séjour et les séances photos. Un séjour très technique et quelques ratés en plus…

Près de 200 images sélectionnées et traitées soigneusement pour un nouveau livre actuellement en phase de finalisation. Environ 100 pages de plaisir, comme les 8 jours passés sur place. Si comme moi, vous aimez les léopards, vous allez être gâtés. Des rencontres de léopard en nombre, y compris un jeune mâle de 8 mois. Des scènes de chasse, comme souvent en Zambie. Mais aussi de splendides singes vervet, des lions, des éléphants, des lycaons…

La beauté de l’Afrique et la richesse du parc de South Luangwa. Ci-dessous une petite galerie pour vous aider à patienter et vous donner un avant-goût…

Laissez-nous votre mail, dès que le livre sera publié vous recevrez un avis, et puis d’autres publications vont suivre cette première.

Entraînement

Aujourd’hui : Entrainement. Toujours pas de pluie mais la chaleur est supportable, et puis le prochain safari approche…

La photographie animalière nécessite d’être rapide car les animaux ne posent pas pour nous ! Ils seraient même parfois pressés de nous quitter… Alors, il nous faut maîtriser nos réglages, notre cadrage et surtout notre mise au point… allez vite sans bouger pour ne pas faire du flou.

Quoi de mieux que des oiseaux pour cela. Ils sont présents même à Paris. Ils sont rapides et leurs mouvements ne sont pas très prévisibles.

Alors bien sur, il y a les habituels pigeons… Mais ils sont si familiers et trop facilement approchables. Les mouettes plus rares, plus petites, très rapides mais  surtout très imprévisibles.  L’idéal pour une reprise d’entraînement ce sont les cormorans. Ils sont présents en ce moment en nombre sur les étangs parisiens.

(pour les connaisseurs, ces photos ont été faites à main levée avec une focale équivalente de 1050mm)

Braconnage Chinois à l’assaut des Jaguars

Après avoir été repoussés par l’urbanisation, quasi-éliminés par l’agriculture et l’élevage intensifs, les jaguars doivent maintenant faire face au braconnage Chinois !

Triste performance pour le jaguar qui rejoint pour son malheur les rhinocéros, les éléphants, les tigres, les lions… et même les girafes, tous victimes des croyances archaïques et de l’avidité des Vietnamiens et des Chinois.

Quel dommage ! Il reste pour moi l’un des plus beaux félin. il est déjà aujourd’hui très rare et difficile à observer.  Pas aussi gros que le tigre ou le lion, mais  celui qui a la mâchoire la plus puissante. C’est d’ailleurs le seul à tuer ses proies par le crâne plutôt que par le cou. Un félin qui aime l’eau, capable de plonger dans une rivière remplie de piranha pour se régaler d’un capibara qui s’y serait réfugié, ou de silencieusement essayer de surprendre et de tuer un jacaré..

Les jaguars menacés (FranceInfo – 19/07/2018)

Vers mes photographies de Jaguars

Photographier des animaux : un genre mineur ?

Photographier des animaux, un acte créatif?

Curieuses questions diront certains, et pourtant à considérer les remarques et pratiques dans le milieu de la photographie, professionnelle ou amateur, on peut se poser ces questions.

Le monde du « Off »

À  regarder le nombre d’expositions en musée ou galeries, le nombre de concours organisé par les clubs ou fédérations de photos consacrés, même temporairement à ce genre de photographie, on peut se convaincre facilement que la photographie animalière est un genre pour le moins mineur. Ce n’est donc pas de l’art, restons modestes, mais cela ne rentre pas non plus dans la catégorie documentaire comme le prestigieux, à juste titre, photojournalisme.

Bien sûr il y a de nombreux festivals ici ou là, d’ailleurs très fréquentés par le public « ordinaire », mais il s’agit d’une une vie à part dans des lieux improvisés, à l’écart de la culture et de l’art, ou de la photographie officielle et reconnue. Le plus important en France étant celui de Montiers-en-Der. Mais avez-vous souvent vu une exposition d’un photographe animalier à la MEP ? Aux rencontres d’Arles? À Paris Photo. Certes il existe quelques très rares galeries comme Blin plus Blin mais là n’est pas la « vraie vie ».

Des tirages anciens existent

Pourtant la photo animalière existe depuis de nombreuses années. Il est même possible de présenter de fabuleuses photos réalisées à la chambre au début du siècle dernier et même en fin du précédent. Certaines photos en noir et blanc, comme il est de bon ton de l’être pour la photographie qui s’expose, existent et sont splendides tant au niveau de la « scène » photographiée que de la mise en oeuvre technique et esthétique. Ces photos sont doublées, un peu comme aujourd’hui, d’histoires extra-ordinaires sur les conditions de leur réalisation (cf. les pionniers de la photographie animalière). Mais point de rétrospective. Les pionniers restent des inconnus.

L’acte créatif, le style personnel, l’esthétisme peuvent être là !

Certes de trop nombreuses photos amateurs, avec un animal cadré plein centre, de loin sur un arrière-plan très chargé, réalisées à l’occasion au travers les grilles d’un zoo ou lors d’un voyage de noces avec un smart phone ou une tablette, ne méritent pas que l’on s’y arrête très longuement. Ni les photographies que l’on trouvait jadis dans nos livres de sciences naturelles ou nos dictionnaires. 

Mais photographier des animaux, ce n’est pas que cela. Il suffit pour s’en convaincre de voir les photos de certains grands comme Nick Brandt ou Vincent Munier, pour n’en prendre que deux, ou celles primées dans un concours comme le European Wildlife Photographer of the Year par exemple pour voir le champ du possible.

Un art complet et difficile

La photographie animalière, nécessite d’apprendre à connaître les animaux afin de les trouver, de les approcher, et surtout de savoir se comporter face à eux. Il faut savoir faire durer le plus possible une rencontre qui de toute façon sera brève et pour cela savoir interpréter leur communication. Savoir bouger sans les effrayer afin de trouver la meilleure lumière, le meilleur angle, travailler sa composition, son cadrage… à très grande vitesse. Toutes choses bien différentes de la photo de paysage ou de studio car le temps presse et nos marges de manoeuvre sont faibles.  

Photographier des animaux, c’est aussi apprendre à maîtriser son matériel. Son boîtier tout d’abord pour trouver très vite le meilleur réglage, que ce soit la mise au point, la vitesse, la profondeur de champ ou la sensibilité iso. En animalier les scènes sont rapides, furtives. Elles se déroulent tôt le matin ou tard le soir, donc dans des conditions de lumière qui peuvent être superbes mais toujours difficiles. De plus, ces photos sont en général réalisées avec des grandes focales 300 à 1000 mm ce qui renforce encore la difficulté technique.

Contrairement à ce que certains imaginent, et disent parfois, il ne suffit pas de déclencher quand on est devant un animal comme dans un zoo.

Un « art » reconnu et apprécié du public

Si le monde de l’art et de la photographie semble bouder la photo animalière, ce n’est pas le cas du public qui est de plus en plus passionné et attiré par ce genre de photos. Chacun peut constater au quotidien la chute impressionnante de la biodiversité dans son jardin, en bord de mer ou dans les parcs urbains. Ces photos sont, comme beaucoup de leurs sujets en voie de disparition, cela leur donnera-t-il dans le futur davantage de valeur aux yeux des spécialistes de l’art ou seulement à ceux des historiens ?

Le public qui fréquente en nombre les festivals et les expositions en  » off « , en tout cas ne s’y trompe pas dès à présent. Il sait faire la différence et apprécie la qualité. Heureusement d’ailleurs, car c’est notre plaisir de les faire ainsi, d’en parler et de partager notre passion…

Photos d’expositions

Noir et Blanc