Comme un jour sans…

Tout commence simplement, comme un jour sans pluie.

Comme un jour sans but

Je décide de sortir de mes quatre murs et de tenter une promenade dans un Paris que les touristes égaient. Mon boîtier sous le bras, je pars. Pas de but précis. Peut-être une galerie ou deux en passant. Et pourquoi pas un musée s’il n’y a pas trop de monde. Je délaisse le métro bondé comme chaque jour quelle que soit l’heure. La lecture est devenue impossible compte tenu de la densité. Et ce que les gens ont compris du droit à l’image rend les photos quasiment impossible (voir Impression soleil d’enfants).

Comme un jour sans idée

Je marche tranquillement vers le Trocadéro et la Tour Eiffel, où il se passe toujours quelque chose pour un photographe. L’oeil en alerte, les oreilles aux aguets… Mais rien de particulier ne m’interpelle aujourd’hui. Alors, je repense aux concours du club photo… Quel est le prochain thème déjà ? Un petit coup d’oeil sur internet, et puis… ah oui, c’est ça « verticalité ».

Alors, la Tour Eiffel, puisque je suis en face. Assez banal. Vu du dessous avec un grand angle… Déjà fait mille fois. Peu de chances de gagner le concours avec cela. Ou alors la Tour Eiffel et puis miracle de la surimpression disponible sur le boîtier, un vertical Paris-New York simplement en se retournant. Un peu plus loin, il y a l’obélisque… Ou encore un peu plus loin, les tours de Notre-Dame en contre-plongée, au grand angle… On ne peut plus le faire et puis c’est déjà fait de nuit, bof !

Une grue, un échafaudage, la pyramide inversée… des ascenseurs… Ah oui, tiens, l’architecture ! Des photos réalisées à la Défense me reviennent en mémoire. Des enfilades de fenêtres, des structures verticales d’immeubles… Cette photo avec un avion en virage… Puis les verticales qui se troublent et mes séries de surimpressions… Tiens un escalier plein d’asiatiques… Des touristes, cela me rappelle un voyage en Toscane, des escaliers improbables, des arbres se dressant au milieu de nul part.

En fait, que des banalités ! Je suis sec. J’oublie les verticales, garde les yeux ouverts, et poursuis ma route… sans but et sans idée.

Comme un jour sans sens

Soudain, cette lumière, cette couleur…. Pas banal cet escalier ! 

Je lève la tête, je tourne la tête, je baisse la tête… 

Depuis le haut… Depuis le bas… Je baisse la tête, je tourne la tête, je lève la tête…

Depuis le 1er étage…  Je lève la tête, je tourne la tête, je baisse la tête…

Depuis le 2 ème étage… Je tourne la tête, je lève la tête, je baisse la tête…

La carte mémoire se remplit. Ma tête aussi… J’oublie la verticalité qui me perd et a perdu son sens. La tête me tourne, et les formes prennent vie. Ne restent plus que la couleur, les lumières qui envahissent ma tête et inondent mes sens.

Je réalise qu’il n’y a qu’un pas entre « Verticalité » et « Vertige »…

Une nouvelle série est née. Lien vers la galerie « Vertigo ».

 

Un jour sans…