Damned !

Qu’il est cruel pour un photographe de ne pas avoir son matériel sous la main…

Beaucoup vous le diront, les boitiers, les objectifs des appareils reflex sont bien lourds à la fin. La photographie animalière exige, en plus des longues focales, le poids s’ajoute encore. Un sac atteint facilement 12 à 18 Kg, même avec les dernières optiques Nikon pourtant bienvenues !

Que l’on voyage en avion, du fait des restrictions du poids des bagages cabines, en voiture avec les problèmes de stationnement ou à pied, ce poids devient une source de fatigue et de stress.

Quand on a la « chance » d’habiter à Paris intra-muros

« Grâce » à notre Maire actuelle, le départ et le retour du week-end se compliquent un peu plus chaque année… Les places de stationnement disparaissent à vue d’oeil. Cette année même les places de livraisons proches de son domicile, que l’on s’autorisait parfois à squatter quelques minutes, le temps de charger ou décharger sa voiture, s’évaporent. De plus, depuis peu, les voitures avec scanner de plaques rôdent en continu, comme des vautours affamés, à la recherche de la moindre proie de passage même quelques minutes…

Alors, petit à petit, un peu lassé, on se dit, quand l’agenda du week-end est un peu chargé et que le ciel l’est aussi, que le « sac photo très lourd » va rester à Paris, cela simplifiera le chargement / déchargement. On se dit qu’au-delà des sacs d’habits, il y aura aussi les courses car « c’est bien meilleur et moins cher en province ».

C’est justement cette fois-là

Seulement, chaque photographe vous le racontera sûrement, c’est justement la fois où on n’a pas pris son sac, qu’il se passe quelque chose. Comme lorsqu’en safari, on remet trop vite son matériel dans ses sacs parce que l’on est presque arrivé au camp !

Avant hier soir à la tombée de la nuit, un cerf et trois biches sont restés une bonne quinzaine de minutes à portée de 500mm… Calmes, sereins, choisissant avec attention ce qu’ils mangeaient. Hier, dans la matinée, quatre chevreuils sont passés, tranquillement, me regardant longuement et jouant entre eux. Et puis ce matin, un coq faisan a circulé tout autour, sans manquer de faire de nombreuses « pauses chant » devant mes yeux. Bien sûr, il s’est beaucoup approché et ce, par une matinée sans brume…

Pire encore, après s’être éloigné, il est revenu mais cette fois avec un congénère et là, le calme avait disparu. Il n’était plus du tout question de se promener fièrement en picorant de-ci de-là. Il s’agissait d’un viol de territoire, d’une agression caractérisée. Le combat s’imposait. Il a eu lieu !

« Honteux et confus, il jure, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus »

N’y tenant plus après tous ces évènements, le photographe dépité de ne pas avoir « son sac très lourd… », se rabat sur son iPhone. Pauvre de lui, pauvre de vous… en dehors de l’image titre prise sur son « stock », il ne peut vous offrir qu’un « mauvais film » de cette scène mémorable mais pas si fréquente.