La chasse est ouverte !

Avec le retour de l’automne, vient le retour de la chasse avec ses moments de joie pour certains, mais aussi les querelles et les polémiques pour d’autres.

Le grand débat revient !

Tu es Pour ou Contre la chasse ? La question impossible fuse en plein milieu d’un repas alors que tout s’annonçait bien. La cuisine était bonne, l’ambiance conviviale… Patatra… la soirée est foutue !

Inutile de tenter d’obtenir un consensus sur une telle question, sauf si l’assistance est monolithique : « addict-chasse » ou « écolo-radico ». Depuis déjà quelques années la question est de plus en plus fréquente. Elle est devenue quasi inévitable, et arrive de plus en plus tôt même avant d’en « être au fromage » si réputé pour les questions qui fâchent.

Pourquoi poser cette question dont la réponse est impossible, si ce n’est pour semer la zizanie ? Comment répondre de manière générale sans distinguer les situations? La chasse aux grands fauves en Afrique est-elle assimilable à celle des sangliers en France? La chasse aux oiseaux à la glu est-elle assimilable à celle des chevreuils à la carabine ou à l’arc? Et de grâce, ne parlons même pas de la chasse à courre… 

Plus cette question…

Même si vous vous « ennuyez  à mourir » dans un dîner ne la posez pas et surtout pas à moi SVP !

La chasse est multiple de par les animaux chassés (espèces, âge, sexe, quantité, élevage ou non…), les territoires concernés (France, Afrique… forêt-plaine, proximité des maisons…) et les techniques utilisées (fusil/arc, approche, piégeage…). Il n’est pas sérieux de répondre sans préciser de quoi nous parlons.

Des études sur plusieurs années ont été faites en Afrique par différents scientifiques pour établir la nature positive ou négative de la chasse pour la protection des espèces. Le seul élément permanent et incontestable est que le non-encadrement de la chasse et le braconnage sont toujours nuisibles. Pour la réponse varie en fonction de très nombreux paramètres : pays / zone, espèce, type d’individu « prélevé » (âge, sexe, rôle dans le groupe…), quantité, période… Les conclusions de toutes ces études ne sont ni universelles ni partagées. 

Chasser un lion en Afrique du Sud, veux dire tuer un lion de moins de 6 ans. Il aura été lâché la veille et sera sortit d’un enclos pour la première fois de sa vie ! Tuer un lion en Zambie ou au Zimbabwe veux dire un lion de plus de 6 ans, et donc tuer le chef d’une troupe et provoquer sa succession. Un nouveau lion viendra prendre le pouvoir sur cette troupe. Pour se faire il tuera tous les lionceaux et pour le moins blessera  quelques lionnes qui chercheront sûrement à les défendre. Tuer un lion dans ces pays c’est donc en fait être responsable de beaucoup de morts. Tuer un buffle ou un impala, espèces non classés en vulnérables par l’UICN,  n’aura forcément pas les mêmes conséquences.

Répondre à une telle question exige donc d’être un peu long, très spécifique et documenté. 

Mais est-ce encore possible de nos jours en France et qui plus est lors d’un repas ? Les discussions, même entre amis, ont adopté la longueur et la vitesse d’un tweet ! Pour ou Contre ? Oui / Non ? Et puis, nulle nécessité de s’appuyer sur des études scientifiques de terrain, son opinion suffit ! Une phrase me revient régulièrement en écoutant les conversations de certains de mes contemporains : « les faits sont complètement démentis par mon opinion personnelle ». 

Parlons donc sans nous préoccuper de faits. De toute façon qui connaît le nombre de telle ou telle espèce de gibier tuée (pardon « prélevé ») chaque année ? Les caractéristiques de ces animaux ? Voire même le nombre et les circonstances des accidents de chasse ? 

Mais les sangliers…

Certains vous proposerons alors de « rester plus simple ».  De ne pas évoquer le cas lointain de l’Afrique et des grands mammifères et de prendre un cas plus proche de nous et plus simple celui des sangliers.

Mais là encore tous les éléments sont présents dans le débat :

  • Les nuisances et risques : pour les professionnels comme pour les particuliers qui vivent à proximité, et donc la nécessité de contrôler les dégâts, les populations et de compenser les pertes économiques importantes…
  • L’attractivité : même si l’animal n’est pas reconnu comme le plus sympathique ou esthétique. L’amour pour l’animal ou le désir de posséder un trophée est rarement évoqué contrairement aux félins, buffles… Mais c’est un gibier intelligent, rapide et donc pas facile à tirer. Beaucoup de chasseur sont conquis. Et puis, c’est aussi une viande de qualité appréciée par beaucoup chasseur ou non.
  • On retrouve aussi le problème de l’élevage et/ou du nourrissage par certains, du risque de maladies. 
  • Le type d’individu « prélevé » (vous aurez compris que j’ai horreur de ce terme), laie ou mâle, plus de X kilogrammes, jeune ou moins… et bien d’autres encore !

De grâce, ne me posez pas non plus cette question « simple ».

Je ne sais pas davantage y répondre et refuse d’entamer le « débat ».

Je peux en revanche vous proposer de lire un des articles récemment publié sur ce sujet. Si, contrairement à moi, vous accepter le débat, cela vous permettra de vous préparer à répondre et à briller dans ces « belles soirées animées ».

« Des cochongliers par milliers : Qui est responsable de leur pullulation ? »
point de vue de Pierre Jouventin, ancien directeur du laboratoire CNRS de Chizé (6 pages – flèches en bas de page) Cliquer ici

Et puis bien sûr quelques photos, car ça c’est plus à ma mesure et puis moi je les trouvent bien sympathiques ces animaux…  

Bonnes soirées, bons débats !

 

Les sangliers pullulent…